Le traitement ambulatoire
Il s'adresse aux patients pour qui il y a peu de risques
liés au sevrage.
Les éléments devant faire craindre un risque de complications
liées au sevrage sont
- un antécédent de crise convulsive
- la notion de trou noir ou d'ivresse pathologique
- le besoin d'alcool tôt dans la journée ou des signes mineurs
de sevrage au réveil
- des problèmes respiratoires
Une attention particulière est de mise pour
la validité de l'adaptation au poste de travail
les risques liés à la conduite de véhicules.
Si le patient reste au domicile, avec une motivation sérieuse et
un entourage familial présent, on peut utiliser le schéma
suivant :
- Hydratation suffisante , vitaminothérapie vit B1-B6 2cp trois
fois par jour, pas trop de café ou de thé.
- Combattre les pulsions par des douches, des sorties si la
sédation le permet.
- Benzodiazépine à durée de vie longue. Valium Cp 10mg 80
mg/jr les 2 premiers jours ; doses plus marquées le soir. J3
60mg ; J4 40 mg et J5 20mg .
- b-bloquants sans activité sympathomimétique . D'autres
schémas comportant carbamates ou barbituriques peuvent être
utilisés.
Une fois le sevrage obtenu, un relais peut se faire avec des
médicaments spécifiques de la dépendance. Le patient doit
pouvoir être vu au moins tous les deux jours. Une évaluation
permanente du sommeil, de l'état anxieux ou dépressif permet
d'adapter le traitement. Une entrevue avec un psychologue ou un
psychiatre est souhaitable dans tous les cas.
La Cure
Elle s'adresse aux patients chez qui l'interrogatoire laisse
supposer une dépendance physique importante et qui ne
nécessitent pas le recours aux services psychiatriques.
L'hospitalisation se fait dans un service de médecine et dure
environ une semaine, souvent plus s'il s'agit d'un service
spécialiisé en alcoologie. L'Alcool est remplacé par des
benzodiazépines (sédatives et anticonvulsivantes à durée de
vie longue) à fortes doses , vite dégressives, agissant sur les
mêmes récepteurs neuronaux que l'alcool. Le syndrome d'hyper
excitation est traité par les b bloquants dans un premier temps
puis si besoin par corticoïdes. La vitaminothérapie est
systématique.
Une évaluation permanente de la balance excitation-sédation est
faite, ainsi que du risque d'encombrement respiratoire. Les
neuroleptiques sont évités en raison de ce risque.
L'halopéridol est donné en présence d'hallucinations.
Au 3-5° jour, la prise en charge pharmacologique est au second
plan ; les risques liés au sevrage diminuent. C'est le moment de
la réflexion.
Toute cette période de soins liés au sevrage est mise à profit
pour :
Evaluer les complications somatiques liées à l'intoxication
alcoolique par des examens biologiques et paracliniques. Il
convient de faire systématiquement une recherche biologique
d'hépatite virale, des radiographies du thorax et de l'abdomen,
une échographie hépatique, une fibroscopie so-gastrique ,
un bilan ORL et ophtalmologique, un electromyogramme si une
polyneuropathie est suspectée, une épreuve fonctionnelle
respiratoire au besoin.
Evaluer les besoins d'ordre psychologique, psychiatrique et
social par des entretiens avec des spécialistes, la plupart
étant intervenants de la consultation d'alcoologie.
Evaluer la nécessité, la demande et le type de la post cure.
Au terme de cette courte hospitalisation , le patient a été
investigué dans ses dimensions somatiques, psychologiques et
sociales. Il a été mis en relation avec d'anciens buveurs,
abstinents. Il a également eu une expérience d'un groupe de
parole, organisé par des intervenants de la consultation
d'alcoologie.
Un support thérapeutique est instauré avec doses filées de
benzodiazépines et vitaminothérapie. Une évaluation
ultérieure d'un état anxieux ou dépressif pourra justifier
d'un traitement particulier. Un traitement spécifique de la
dépendance est souvent donné. Les benzodiazépines seront vite
arrêtées.
Après la sortie...
Le patient peut aller dans un établissement de post cure dès la
sortie ou, le plus souvent à distance de celle-ci. Si les
délais sont importants, le patient est revu une à plusieurs
fois par semaine, en entretiens individuels ou de groupe, par des
intervenants en alcoologie et des anciens buveurs, abstinents.
Une hospitalisation courte, de 24-48h peut être envisagée avant
le départ en post cure si l'abstinence n'est pas complète.
La post cure
Elle s'adresse à des patients déjà sevrés, s'inscrit dans
la durée, se propose de faire de l'abstinence un épanouissement
et uvre pour une réinsertion sociale optimale. Les
établissements proposés sont spécialisés en alcoologie. Des
psychiatres peuvent faire partie de l'équipe soignante mais ce
ne sont pas des établissements psychiatriques. Les chambres sont
individuelles ou doubles.
Tous les établissements proposent des entretiens individuels et
de groupe, des psychothérapies, des ateliers d'expression
manuelle, corporelle ou artistique. Il y a également des cours
d'information sur l'alcool, des conseils diététiques.
Un contrat est établi avec engagement des deux parties. En
général, le médecin demandeur transmet un dossier d'admission
, accompagné d'une lettre de motivation du patient.
L'introduction ou l'usage d'une boisson alcoolisée ou d'un
produit illicite, un comportement violent, le non respect du
règlement intérieur sont les causes les plus fréquentes de
rupture de contrat. Cette situation est discutée avec le patient
pour en faire une expérience constructive. Une nouvelle cure est
envisagée, à distance dans la plupart des cas.